Qu’est-ce que la « pleine conscience »?

Extrait d’une interview de Paul Grossman (responsable du Centre MBSR Européen à Freiburg, Allemagne) au journal « Die Zeit »

Die « Zeit » :
Qu’est ce qui est le plus important dans la pratique de la « pleine conscience » ?
Paul Grossman : Ce n’est pas le fait de rester pendant des heures assis sans bouger sur un coussin. Pratiquer la « pleine conscience » veut dire de ne pas se laisser constamment agiter par ses désirs ou ses peurs, mais de pouvoir se confronter à la réalité avec tolérance, ouverture, patience, sensibilité et acceptation – le mieux possible. Cela n’a rien avoir avec de la résignation ou de la passivité. Il s’agit d’avoir une vision différente du monde. Au lieu de rester accrochés à nos pertes et à ce qui nos échecs, il s’agit d’avoir une perspective plus large qui englobe l’expérience dans sa totalité.
Die « Zeit » :
Est-ce que cela veut dire de devenir moins égoiste, plus altruiste ?
Paul Grossman : Il s’agit d’accepter la vie en profondeur, de se tourner avec bienveillance vers les aspects inévitables de la vie. S’ouvrir aussi aux expériences douloureuses et difficiles. Cela ne peut pas fonctionner sans avoir acquis une certaine dose de patience, d’équanimité, de compassion et de courage. Ce sont avant tout ces qualités éthiques qui contribuent à l’ouverture et à la gentillesse avec laquelle nous pouvons rencontrer d’autres humains. C’est cela qui guérit nos tourments. Nous avons par exemple fait une étude après avoir effectué un stage de « pleine conscience » avec des personnes atteintes de sclérose en plaque. Il s’est avéré qu’une attitude ouverte qui accepte ce qui est a un effet très positif sur la vie de ces malades. La qualité de leur vie s’est clairement améliorée, les tendances dépressives et la fatigue ont diminué.

La méditation en entreprise

relaxation-meditation-image-source_paysage360La méditation est désormais entré en entreprise: d’abord aux Etats Unis dans des sociétés comme Google, Genentech ou General Mills, mais le mouvement semble se poursuivre au Canada. Voici un article qui démontre qu’au Canada on commence également à pratiquer.

Selon les estimations de la Commission de la santé mentale du Canada, le fardeau économique des troubles de santé psychologique s’élève à 51 milliards par an, dont près de 40 % seraient des pertes en milieu de travail. Plusieurs entreprises s’attaquent déjà au problème par l’introduction de programmes pour promouvoir la santé mentale auprès de leurs employés. C’est également dans ce contexte que la première norme canadienne sur la santé mentale a finalement vu le jour le mois dernier. Cette norme d’application volontaire vise à aider les entreprises à aménager un environnement propice à la santé mentale. La méditation pourrait être l’un des éléments envisageables d’un tel environnement. Mais comment faire de la méditation au bureau et, qui plus est, en quoi est-elle avantageuse pour l’entreprise ? Lire la suite…

L’éloge de la patience

watch1Comme nous sommes de plus en plus sollicités pour faire plus vite ou pour faire plus avec moins, la qualité la plus rare au travail et à la maison est la patience.

Nous devons être capable de nous contenter de budgets insuffisants, d’un temps de travail réduit pour accomplir une multitude de tâches et de travailler parfois avec des collègues insuffisamment formés sur lesquelles nous dépendons pour réussir notre mission.

Notre patience est également mise au défi en dehors du travail. Régler des factures de plus en plus élevées avec de moins en moins de ressources, subir des problèmes de transports de plus en plus fréquemment, gérer des conflits en famille, notre stress s’accumule et le son niveau est décidément en train d’augmenter jour après jour.

Une des situations les plus communes, mais aussi les plus stressantes au quotidien est de devoir patienter, dans une queue, devant un feu ou à la caisse d’un supermarché.

En même temps, nos exigences envers nous même (d’ailleurs souvent générées par d’autres)  augmentent  ainsi que l’exigence envers les autres. Traiter les urgences est devenu une banalité.

Les effets de l’impatience

Pensez aux émotions négatives dans ces moments et aux histoires que vous vous racontez

Anxiété: je n’aurai jamais le temps de finir ce projet!

Peur: si je ne réussis pas, on ne me gardera pas!

Colère: pourquoi ces idiots du service vente ont-ils promis au client de livrer ce projet dans un laps de temps aussi court?

Quand ces émotions se multiplient et grandissent, ils se traduisent souvent en comportements et attitudes visibles aux autres et risquent de les contaminer.

De plus, nous pouvons perdre notre sommeil, notre système immunitaire s’affaiblit et nous tombons malade. Nos muscles se raidissent et certaines douleurs deviennent plus importantes.

Les résultats: de l’absentéisme, des couts médicaux plus élevés et au fond une capacité de concentration moindre combinée à une tendance à s’agiter pour rattraper le temps.

Si l’impatience est comme cela a été décrit “une attente focalisée sur le future”, la patience est” une attente focalisée sur le présent”.

Solutions de pleine conscience

Etre patient  veut dire accepter des choses telles qu’elles sont dans le présent, même si nous ne les aimons pas. Etre patient n’est pas être passif ou remettre les choses au lendemain, car la patience a besoin d’un esprit actif qui s’engage dans une attente consciente et nous encourage d’adopter cette attitude dans le calme.

Se doter de patience est une décision consciente et nécessite souvent une suspension  ou une remise en question de nos exigences envers nous même et envers les autres.

La première étape pour travailler sur notre impatience est de l’observer et de nous rendre compte comment elle agit.  Si nous avons des responsabilités et montrons de l’impatience envers nos semblables,  nous les encourageons probablement d’être impatient à leur tour?

Pour être plus patient, il est d’abord nécessaire de distinguer ce que nous pouvons contrôler et ce que nous ne pouvons contrôler, si nous pouvons faire quelque chose pour diminuer notre impatience ou s’il n’y a strictement rien à faire comme par exemple dans un bouchon sur l’autoroute. Nous pouvons aussi observer nos comportements de façon à ne pas contaminer d’autres par notre impatience.

Simplement en faisant attention et en en prenant quelques respirations, nous pouvons diminuer ou contrôler  nos  réactions impulsives et petit à petit, notre impatience et les émotions négatives qui s’y attachent diminuent.

Observer vos réactions, y compris corporelles lorsque l’impatience se manifeste: les tensions autour de vos épaules , comment vous vous exprimez face à d’autres,  est-ce votre voix devient plus forte…et aussi comment vous pouvez en conscience calmer ces réactions .

Ainsi nous pouvons créer un inventaire de réponses de pleine conscience pour les adopter et d’en faire la démonstration aux autres.

Nous pouvons aussi décider de planifier mieux notre temps, de façon à ne pas être débordé. Ne pas accepter ou donner des taches que l’on juge irréalistes dans le temps imparti. Si nous n’acceptons plus de faire l’impossible, nous ne nous sentirons plus victimes des autres ou de nos vies surchargées.

Nous pouvons nous poser aussi ces 3 questions lorsque notre impatience pointe le nez:

C’est quand le moment le plus important ? Maintenant.

Qui est la personne la plus importante ? Celle qui est là physiquement avec nous.

Quelle est la chose la plus importante ? Le souci de soi et de l’autre.

Quand il fait chaud, gardez la tête froide, quand il fait froid ayez le coeur chaud.